Inspirations11 juin 2025
Mon ami, Laurent R., me prête sa plume pour ouvrir une parenthèse autour du voyage. Pas un itinéraire tracé sur une carte, mais une traversée intérieure, guidée par l’une de ses passions les plus profondes : la littérature.
Ensemble, il nous invite à explorer le monde autrement, à travers la rêverie, la littérature et la pensée.
Ce livre d’Yves Bonnefoy se place sous le signe d’une certaine géographie.
A la Renaissance on ne connaissait pas le paysage au sens classique du terme, mais nous utilisions la notion de « Pays », un échelon historique, culturel, régional et territorial.
Le mot environnement s’est depuis imposé dans notre jargon administratif et économique moderne au dépend du joli mot de territoire.
Nos voyages ont perdu en sensibilité.
A l’heure du tourisme de masse, des autoroutes saturées, des bilans Carbone, des resorts-all inclusive, des déserts -chauds ou glacés- en guise d’aventure, nos envies de ruine antique, de Cuba « authentique » nous conduisent, en réalité, vers un impératif du voyage comme distinction sociale dans lequel nous observons l’effacement programmé de l’ailleurs, de l’autre.
Stendhal écrivait dans « les Mémoires d’un touriste » (1838) « Ce qui est curieux, c’est ce qui se passe dans la rue et ne semble curieux à aucun homme du pays. ». Un éloge du quotidien, à l’observation au ras de la chaussée, en quelques sorte. Il souligne aussi dans un article une remarque acide « il a fait le tour du monde sans y entrer »
Yves Bonnefoy dans son livre magistral, nous invite à la rêverie, au voyage. Une littérature comme guide de voyage, une aventure à travers la lecture.
Cette invitation au voyage débute par « J’ai souvent éprouvé un sentiment d’inquiétude à des carrefours… ».
Nos sentiments sont d’abord tributaires des lieux et de notre géographie. La rêverie et le voyage vont de pair. Acceptons le risque de cette rêverie avec notre auteur.
« Il n’y a pas grand bien à penser des civilisations qui n’ont pas de peinture de paysage »
Bon voyage
Livre :
L’ Arrière-Pays, Yves Bonnefoy (Skira, 1972)
Et vous quel est votre « arrière-pays », ce lieu rêvé où vous vous évadez en pensée ?
Quel est ce livre qui vous a ouvert un ailleurs rien qu’en tournant la page ?